Édito en préambule à la saison 2016-2017

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Réflexions sur l’attitude générale vis-à-vis de l’arbitrage

Une nouvelle saison se présente à nous et, à cette occasion, French Zebra souhaite sensibiliser les acteurs du football américain en France sur le fait qu’une attitude respectueuse vis-à-vis du corps arbitral et de son travail est un des fondements de notre sport.

Lorsque l’on regarde les retransmissions internet des rencontres du championnat “Élite” français, on est frappé par les contestations de plus en plus fréquentes et violentes de l’arbitrage.
On critique les appels de fautes, et on dénigre sans vergogne les compétences de ces pauvres zèbres, régulièrement à tort d’ailleurs, mais bizarrement, on ne voit jamais un coach, ni n’entend jamais un “commentateur”, s’offusquer lorsque son équipe perd plusieurs yards ou plusieurs secondes sur une erreur d’application de règle ou de pénalité.

La question que l’on va évoquer ici est : Peux-on discuter l’arbitrage dans le monde du football américain en France ? Il s’agit bien de discuter, pas de critiquer et de dénigrer systématiquement sans être constructif, comme on l’entend régulièrement à travers certains micros.

Pour faire court et en forme de boutade, on pourrait dire « Les appels plutôt non, les applications plutôt oui…mais une connaissance minimum s’impose !».
French Zebra propose son analyse des cas où une discussion, entre arbitres et coaches ou arbitres et joueurs peut apparaitre appropriée, et qui pourrait même servir de cahier des charges aux commentateurs des différents live en France.

On peut distinguer trois phases dans un tenu, qui sont par ordre chronologique :

PHASE 1 : Du signal balle prête à jouer jusqu’au moment où a lieu la mise en jeu (snap ou coup de pied libre); appelons cela les situations de phase statique. Les joueurs et la balle sont immobiles ou bougent à vitesse modérée, et ils sont bien individualisés. Pour ces raisons, les appels de fautes sont relativement aisés pour peu que l’on connaisse bien les règles qui s’y rapportent et que l’on respecte les mécaniques. On peut alors dire que les appels (ou plus souvent dans ces cas-là les non-appels) peuvent être assez facilement sujets à discussion.
Cela concerne par exemple : effectif en surnombre, formation illégale, empiètement, dépassement, faux départ, motions et shifts illégaux, joueur inéligible au-delà de la zone neutre (car le repérage de ce dernier se fait avant le snap, même si le flag ne tombe que plus tard).

PHASE 2 : De la mise en jeu jusqu’à 1-2 secondes après le signal balle morte ; les situations de phase dynamique. Les joueurs et la balle bougent alors plus vite et dans tous les sens, et la situation sur la ligne est assez chaotique. Pour ces raisons, il semble extrêmement difficile de mettre en doute un appel tant le positionnement et l’interprétation individuels sont importants. On ne peut raisonnablement pas reprocher tel ou tel appel, si on n’a pas le même angle de vue que l’arbitre qui a lancé son flag, surtout si on a qu’une vue en plan large, de l’extérieur du terrain, ou pire, sur écran. Celui qui critique l’appel d’une saisie sur la ligne de mêlée, et qui en même temps réclame une interférence de passe 30 yards plus loin n’est pas crédible (ne riez pas, on a déjà vu ça).
Les principaux appels de fautes concernées sont : saisie, bloc sous la ceinture, bloc en tenaille, interférence de passe ou sur réception de CDP, bloc dans le dos, etc.

PHASE 3 : De la fin de la phase 2 jusqu’au signal balle prête du tenu suivant. Cette phase concerne les applications de fautes et la gestion des horloges. Et là, l’interprétation individuelle est réduite à la portion congrue. Les règles de notre sport sont particulièrement précises dans ce domaine, et les erreurs peuvent facilement être discutées pour peu, bien entendu, qu’on connaisse ces règles sur le bout des doigts ; et d’après ce qu’on peut voir régulièrement lors des journées de championnat notamment “Elite”, ça n’est malheureusement vraiment pas le cas de la grande majorité des acteurs. Pourtant, c’est bien en discutant avec l’Arbitre principal d’une application, et en lui montrant que vous savez de quoi vous parlez, que vous gagnerez son respect et sa confiance, plutôt qu’en lui « gueulant » dessus pour un appel que vous jugez injustifié.

A ces trois phases et à l’application des règles se superposent les mécaniques, qui sont-elles mêmes incomprises par nombre de coaches et de “commentateurs”. Combien de fois les entend-on s’étonner qu’un flag tombe “en retard”, ou n’est pas lancé par l’arbitre le plus proche, alors que la connaissance des mécaniques et des clefs de lecture explique, la plus part du temps, le pourquoi du comment.

Si l’on admet ces trois phases, il semble qu’on puisse largement discuter en phase 3, le faire encore raisonnablement en phase 1, mais par contre on doit s’astreindre à ne pas discuter en phase 2, même si on a son propre jugement mais qui, à chaud et à vitesse réelle, n’a pas beaucoup plus de valeur que celui des arbitres sur le terrain.
Pour cela il faut travailler, et travailler encore le manuel de règle et autres supports disponibles. C’est ce que devrait faire bien entendu tous les arbitres, à tous les niveaux, mais aussi tout bon coach.

A ce sujet, mention spéciale aux “commentateurs” ! Messieurs, s’il vous plait, apprenez correctement les règles ou faites-vous assister d’un arbitre, pourquoi pas, cela vous évitera de dire des contrevérités du genre « il ne peut pas y avoir rejet puisqu’il était sorti de sa poche », ou encore « il ne peut pas y avoir faute, puisque la passe n’était pas attrapable ». Rappelons de plus, qu’en ce qui concerne le commentateur du stade, la règle 1-1-6b précise qu’il fait partie des personnes assujetties aux règles, et que par conséquent, ses actes et paroles peuvent être pénalisés en vertu de la règle 9-2-1a1. On n’a encore jamais vu de pénalité infligée à une équipe à cause du commentateur du stade, mais la question mériterait d’être posée parfois. Vous voyez que vous n’avez pas tant que cela à vous plaindre de l’arbitrage !

Tout au long de cette saison, nous allons faire de notre mieux pour mettre à disposition sur ce site des traductions de plusieurs documents émanant du College Football Officiating, source des règles utilisées par la FFFA et de diverses autres sources américaines, en espérant que vous n’hésiterez pas à vous en servir pour progresser dans l’étude et la maîtrise des règles. Le Guide French Zebra mis à jour pour la saison 2016-2017 peut constituer une excellente entrée pour le travail des règles !

On demande aux joueurs de bosser leur cahier de jeux, et n’importe quel coach prend des sanctions contre un joueur qui ne le fait pas. Alors messieurs les coaches et “commentateurs”, pourquoi ne pas s’imposer cette discipline élémentaire consistant à bosser le manuel de règles et d’arrêter de houspiller les arbitres pour de mauvaises raisons, vous verrez que vous serez gagnants, tant sur le terrain que pour votre image.

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